L'immunologie pour les Experts!


Si vous voulez en savoir vraiment plus sur l'immunologie, cette rubrique est faite pour vous! Pour le moment, les informations proposées dans les liens sont, pour beaucoup, en anglais car elles proviennent majoritairement du cours d'immunologie de l'Ecole de Médecine de l'Université de Caroline du Sud (bravo à l'équipe de Richard Hunt!). Mais dans peu de temps, vous pourrez les découvrir en français car la traduction est en cours! Un peu de patience!

En guise d'introduction, voici une vidéo très rapide récapitulant quelques unes des principales étapes de la réponse immunitaire. Elle rappelle que la réponse immunitaire se déroule en deux temps: une réponse immédiate après l'infection par un microbe assurée par des cellules spécialisée et appelée "Immunité Innée ou Naturelle" suivie d'un réponse retardée (de quelques jours) assurée par d'autres cellules et appelée 'Immunité acquise ou adaptative". Les déterminants reconnus sur les pathogènes et déclenchant la réaction de notre organisme différent beaucoup entre ces deux types de réponses immunitaires!

video
Vidéo mise à disposition des internautes par GarlandSciences

Présentons d'abord les acteurs (cellules et organes) du système immunitaire.
Des cellules immunitaires
 La plupart des cellules importantes de notre système immunitaire coulent dans notre sang et ont été découvertes il y a fort longtemps, notamment par les Prix Nobel Paul Ehrlich et Ilya Metchnikov. Certaines attendent patiemment dans nos tissus qu'un microbe franchisse les frontières que constituent notre peau ou nos épithéliums pulmonaires, intestinaux ou encore accède à notre sang pour réagir. Ce sont des sortes de garde-frontières qui s'appellent Mastocytes, Macrophages ou Cellules Dendritiques. Dès l'entrée d'un microbe, ces cellules le reconnaissent et possèdent des armes pour lutter contre lui. Pour éviter de se laisser déborder, elles font en sorte d'appeler rapidement du renfort: celui-ci est assuré par des cellules qui circulent tranquillement dans notre sang mais peuvent rapidement intervenir si nécessaire et vont alors quitter le sang pour aller dans les tissus infecter et lutter contre le microbe (c'est la diapédèse). Ce sont les Neutrophiles, les Eosinophiles et les Basophiles regroupées sous le terme de granulocytes car ces cellules contiennent des granules riches en diverses molécules importantes pour lutter contre les microbes. Le contenu de ces granules peut être déversé au contact des microbes dans un processus appelé "dégranulation". Ces cellules s'appellent aussi de façon trompeuse les polynucléaires car on dirait qu'elles ont plusieurs noyaux. Il n'en est rien puisqu'elle possèdent en fait un seul noyau mais qui peut présenter plusieurs lobes. Ces cellules interviennent rapidement ainsi que les Monocytes pour lutter contre le microbe (dans les minutes qui suivent l'infection). D'autres cellules donnent un air de "polar" à la réponse immunitaire : ce sont les cellules NK ou Natural Killer qui, comme leur nom l'indique, sont des cellules tueuses. Elles tuent en fait nos propres cellules quand celles-ci sont infectées par un microbe ou deviennent cancéreuses.
NK (jaune) s'attaquant à une tumeur

Les cellules dendritiques sont prévoyantes: dès l'entrée du microbe, elles quittent le site de l'infection et vont alerter des cellules très efficaces au niveau d'organes spécialisés que l'on peut assimiler à des casernes militaires. Ces cellules sont les Lymphocytes T et B. Informés de la présence et de l'identité du microbe grâce à des message moléculaires, elles vont prendre le temps de s'équiper des armes les plus adaptées pour lutter contre le microbe en question avant de rejoindre le site infectieux et d'éliminer définitivement ce dernier (quand tout va bien!). Il faut une semaine avant que tout cela se passe. Ces cellules sont aussi très importantes car elles portent la "mémoire immunitaire" c'est à dire que si le même microbe franchit de nouveau nos frontières, ces cellules se souviendront de la meilleure façon de l'éliminer et feront cela dans un délai beaucoup plus court que lors de la première infection.
Pour bien identifier ces cellules vous pourrez aussi voir une vidéo décrivant les cellules du sang dans une analyse histologique remarquable!
Pour tester vos connaissances sur les cellules de l'immunité, rien ne vaut un petit quizz!

Globules blancs du sang analysés en cytométrie
Pour analyser qualitativement et quantitativement les cellules du système immunitaire, l'une des techniques les plus performantes est la cytométrie en flux.  Il s'agit d'une technique qui utilise un appareillage très astucieux et qui permet de différencier des cellules qui se ressemblent beaucoup et aussi de savoir comment elles luttent contre les microbes. Elle est basé sur des phénomènes lumineux (diffraction de la lumière, émission de fluorescence) qui varient selon la taille et le contenu des cellules. De plus, on utilise des outils moléculaires qui sont des anticorps (eh oui, les même produits par notre système immunitaire) auxquels on a attaché une molécule fluorescente. Les anticorps ont la propriété de se verrouiller sur une cible moléculaire et on dispose d'anticorps capables de reconnaître très sélectivement des cibles moléculaires retrouvées sur certaines cellules seulement. Tels des "mouchards", ces anticorps vont être guidés vers ces cellules, s'y verrouiller et envoyer le signal lumineux qui permettra leur repérage par le cytomètre. Cette technique a révolutionné les connaissances en immunologie! De manière générale, beaucoup de techniques en biologie sont basées sur la réaction des anticorps.

Les organes lymphoïde
Les Organes Lymphoïdes sont les organes spécialisés dans lesquels les cellules de notre système immunitaire naissent, se développent et, pour certaines, sont embrigadés dans la réponse contre un agent infectieux. C'est dans notre moelle osseuse (miam!) que la plupart des cellules du système immunitaires sont surtout produites mais certaines (les célèbres lymphocytes T) finissent leur production dans le thymus (re-miam!). Les lymphocytes T sont eux-mêmes une famille de cellules: les plus connus sont les lymphocytes T CD4 et les lymphocytes T CD8. C'est dans le thymus que les lymphocytes choisissent de devenir l'une ou l'autre de ces sous-familles ayant chacune des rôles bien précis. Ces organes s'appellent les Organes Lymphoïdes Primaires. Les organes dans lesquels sont recrutés et armés les lymphocytes (que j'ai comparé à des casernes militaires) sont les Organes Lymphoïdes Secondaires (ceux-là ne se mangent pas, en général). C'est par exemple la rate, les amygdales, l'appendice, les ganglions lymphatiques et les Plaques de Peyer. Il se passe des évènements très coordonnés et très bien orchestrés dans ces organes dans lesquels les lymphocytes passent régulièrement à la recherche d'antigènes)! De nouveau, vous pourrez avoir de remarquables analyses histologiques de la moelle osseuse, du thymus et de ganglions lymphatiques.

Lymphocytes T et B: chacun à sa place!
Nous avons vu précédemment que les cellules de notre système immunitaire doivent tantôt savoir attendre dans certains tissus, tantôt se déplacer. Tout ces mouvements et positionnement sont très régulés au cours de la réponse immunitaire. Ils résultent de la combinaison de phénomènes d'adhérence (réalisés grâce à des sortes de velcros moléculaires présents sur nos cellules) et aussi des phénomène de migration réalisés sous l'effet de substances attirantes pour nos cellules (on appelle cela le chimiotactisme).

video
 Ce joli film vous montre les déplacements d'une cellule immunitaire sous l'influence d'un stimulus "chimiotactique" c'est à dire ici une molécule chimique appelée "chimiokine" qui déclenche la migration cellulaire. Vous allez pouvoir mesurer les réactions en temps réel de la cellule au déplacement de la source du stimulus. En fait la cellule "recherche" la source de stimulus c'est à dire qu'elle se dirige vers les zones où le stimulus est le plus concentré: c'est la même chose dans notre organisme!

Voyons maintenant comment notre système immunitaire inné reconnaît et lutte contre les microbes.
Un Toll-Like Receptor
Il y a des récepteurs retrouvés sur les cellules de notre système immunitaire et capables de reconnaître les microbes: ce sont les récepteurs de la famille PRR (Pattern Recognition Receptor). Ces récepteurs retrouvés notamment sur les cellules de l'immunité innée reconnaissent des molécules que l'on retrouve fréquemment sur de grandes catégories de microbes mais absentes de notre propres cellules. Certains PRR reconnaissent des molécules présentes sur les bactéries ou sur les virus par exemple. Vous pouvez même voyager au sein de la structure de l'un de ces récepteurs, le TLR (Toll-Like Receptor). Souvent ces récepteurs sont assez subtils pour différencier 2 grandes familles de bactéries entre elles. Dès que ces récepteurs détectent le microbe, le fonctionnement de la cellule qui porte les récepteurs est affecté. Parfois cela permet à cette cellule de littéralement "manger" le microbe (processus de phagocytose illustré par un film), parfois cela lui permet de produire des armes anti-microbienne, ou encore des molécules chimiques qui permettent une communication entre les cellules de notre système immunitaire. Dans le cas des cellules dendritiques, cela se traduit par un changement radical des propriétés de cette cellule. En quelques heures, cette cellule remplace ses capacités de détection des microbes par des capacités d'information des lymphocytes T. Cela s'accompagne de changement morphologiques et aussi par la migration de ces cellules du tissu infecté vers l'organe lymphoïde secondaire le plus proche.  Les cellules NK occupent une place un peu à part dans le système immunitaire innée puisqu'elles s'occupent de cellules infectées et tumorales plutôt que ds microbes circulants. Comment ces cellules décident-elles de tuer ou de laisser tranquille nos cellules. Les cellules NK choisissent de tuer nos cellules lorsqu'ils détectent des molécules de stress qui apparaissent sur celles-ci ou, au contraire, lorsque des molécules, celles du système HLA dont on reparlera plus tard disparaissent de la surface de nos cellules. Ces événements se produisent quand nos cellules sont infectées par des virus par exemple ou encore lorsqu'elles sont cancéreuses.

Réaction inflammatoire
La reconnaissance des microbes par les cellules de l'immunité innée déclenche souvent la réaction inflammatoire. L'inflammation est une constante dans la réponse immunitaire. Elle se manifeste par une rougeur, une chaleur, un gonflement et une douleur au niveau du tissu infecté. Elle s'accompagne parfois d'une augmentation de chaleur générale: la fièvre. Vous avez tous eu ces symptômes, parfois seulement en vous donnant un coup. En effet, l'inflammation procède de façon assez similaire après une cause infectieuse ou une cause traumatique! De nombreuses cellules et molécules (comme des lipides, des amines, des cytokines, des neuropeptides) participent à son déclenchement, son maintien puis son arrêt. En effet, l'inflammation doit être bien régulée dans le temps et dans son intensité sinon on souffre de pathologie inflammatoires et on prend...des anti-inflammatoires (l'aspirine est le meilleur exemple ainsi que le paracétamol, l'ibuprofène, la cortisone etc...).  Vous en profiterez pour voir un film qui vous expliquera comment fonctionne un récepteur pour des molécules impliquées dans l'inflammation comme les cytokines.

Le complément: initiation de la cascade et effets biologiques
Au final, ces réactions permettent aux cellules de l'immunité innée de détruire les microbes ou les cellules infectées. Dans le cadre de l'immunité innée, nous disposons de plusieurs modes d'élimination des microbes ou des cellules infectées ou cancéreuses. Il s'agit notamment de l'action des phagocytes, des cellules tueuses comme les cellules NK et aussi du complément! Les phagocytes réalisent la phagocytose c'est à dire, qu'après avoir reconnu un pathogène, ces cellules l'avalent littéralement et le détruisent en le mettant en contact avec des substances très nocives, un peu comme le sucs gastriques digèrent la nourriture que nous avons ingérée. Les cellules NK détruisent les cellules infectées et tumorales en se collant à elles et en déversant à leur contact des molécules qui perforent (perforine) la membrane de la cellule cible, laissant le passage à des molécules (granzymes) qui vont accéder au cytoplasme de la cellule cible pour induire sa destruction (voir film). Les éosinophiles utilisent une stratégie comparable (avec des molécules différentes) pour détruire les parasites. Finalement le complément peut, entre autres, se fixer au bactéries et diriger efficacement celles-ci vers les phagocytes ou les détruire directement grâce à la mobilisation du complexe d'attaque membranaire qui vient perforer la paroi bactérienne (voir animation).

Voyons maintenant comment se met en place notre réponse immunitaire adaptative, et notamment, comment les pathogènes sont reconnus et éliminés par cette réponse immunitaire. Comme vous le savez déjà, une réponse immunitaire adaptative se met en place en quelques jours après l'infection. Les molécules qui déclenchent l'action de nos lymphocytes de la réponse adaptative sont les antigènes. A l'origine le terme antigène ien de la contration de 2 mots anglais: ANTIbody-GENerator, c'est à dire qui génère la production d'anticorps. Aujourd'hui le terme antigène est aussi utilisé pour les molécules de pathogènes reonnus par les lymphocytes T via leur TCR. La façon dont ces antigènes sont présentés aux lymphocytes T est un peu compliquée: c'est présentation de l'antigène effectuées par les cellules dendritiques venant du site infectieux. On y parle forcément des molécules du complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) encore appelé système HLA chez l'homme et vous pourrez découvrir la très belle structure des molécules HLA de classe I et HLA de classe II dans 2 films.
Les molécules du CMH
 Deux autres films vous montrent comment s'effectue la présentation des antigènes par les molécules HLA de classe I et la présentation des antigènes par les molécules HLA de classe II à nos lymphocytes T. Enfin vous pourrez vous amuser à identifier des antigènes vous même dans les protéines de votre choix en utilisant le logiciel SYFPEITHI.

Comment nos lymphocytes T sont-ils capables de reconnaître tous les microbes potentiellement présents dans notre environnement? Contrairement aux cellules de l'immunité innée qui possèdent quelques PRR capables chacun de reconnaître un grand nombre de microbes différents, nos lymphocytes possèdent chacun un récepteur bien spécifique à un fragment de microbe donné. Pour les lymphocytes B, ce récepteur s'appelle le BCR (B cell Receptor) qui n'est rien d'autre qu'une immunoglobuline ancrée dans la membrane du lymphocyte B. Pour le lymphocyte T, ce récepteur est le TCR (T cell Receptor) qui reconnait l'antigène présent par le CMH. Dans ce cas des TCR et des BCR, c'est le fait qu'il existe un grand nombre de lymphocytes différents chacun porteur d'un récepteur TCR ou BCR différent qui conditionne notre capacité à réagir contre virtuellement tout agresseur! Cela revient à parler des répertoires de lymphocytes T et B circulant dans notre sang c'est à dire l'étendue de la diversité des lymphocytes T et B différents dont nous disposons.
Le répertoire total des immunoglobulines et des TCR
Générer un tel répertoire est peu évident et met en jeu un mécanisme de codage génétique très particulier combinant un assez grand nombre de gènes, et leur recombinaison par un mécanismes aléatoire générant un peu au hasard des spécificité de reconnaissance antigéniques très diverses (voir animation). Cela revient à dire qu'au sein de ce répertoire, on retrouve des lymphocytes susceptibles de reconnaître nos propres tissus! Ces lymphocytes très dangereux pour nous sont le plus souvent neutralisé par des processus dits de tolérance vis-à-vis du SOI. En fait on a une sorte d'équation:
Répertoire total - Répertoire spécifique du SOI= Répertoire spécifique du NON SOI! 
Et voilà de quoi reconnaître les pathogènes sans danger pour nous en quelque sorte!

En support de ces notions, vous trouverez la très intéressante conférence donnée par Jean-Claude Weill sur Canal-U.

Les lymphocytes T et B s'y prennent différemment des cellules de l'immunité innée pour éliminer les microbes. Les lymphocytes B, produisent des immunoblog-on-line grand sourire , euh.... plutôt des immunoglobulines (encore appelée anticorps) qui vont se fixer aux antigènes solubles ou présents à la surface des pathogènes et les éliminer.
 Cela met en jeu des activités cellulaires déjà étudiées dans le cadre de l'immunité innée comme la phagocytose. Dans ce cas, les pathogènes opsonisés par les anticorps sont pris en charge par les phagocytes grâce à des récepteurs pour la partie Fc des anticorps appelés FcR. Dans un autre mode d'élimination des pathogènes, les éosinophiles peuvent détruire des pathogènes opsonisés par des anticorps de type IgE. Il y a aussi l'activation de la voie classique du complément conduisant à la destruction des bactéries. Les anticorps peuvent aussi et simplement neutraliser l'action des microbes ou de leurs produits toxiques: c'est souvent cette propriété qui est mise en oeuvre par les anticorps générés après vaccination! Par exemple, les anticorps peuvent bloquer les antigènes bactériens qui ciblent nos récepteurs cellulaires et empêcher de la sorte l'infection de nos cellules. Ils peuvent aussi se fixer aux toxines bactériennes et ainsi empêcher ces toxines d'atteindre leurs cibles sur nos cellules nerveuses ou musculaires.

Différentes fonctions des classes d'anticorps
Finalement, les anticorps notamment IgE, agissent aussi en se fixant sur les FcR présents sur les mastocytes et les basophiles, entraînant leur activation: bien que cela ne conduise pas à une élimination directe des pathogènes, cela renforce la réponse immunitaire, car l'activation des mastocytes par exemple maintient l'inflammation. Plusieurs types d'anticorps sont produits au cours de la réponse immunitaire: il y a les IgM, IgG, IgA et IgE (et ausi les IgD, un peu à part car très peu sécretées): on appelle cela les classes ou istotypes d'anticorps (à ne pas confondre avec allotypes et idiotypes). Ces classes ont des fonctions différentes, en particulier car ils se lient à des FcR différents portés par des cellules différentes. De plus, ils ont des abondances et des localisations différentes. Pour illustrer point, les IgG sont les seuls anticorps à franchir la barrière placentaire: c'est eux qui protègent le foetus tant que son système immunitaire est immature! On trouve les IgA dans le lait maternel: c'est les IgA qui protègent le nouveau-né tant que son système immunitaire n'est pas assez fort pour le protéger. Les foetus et nouveaux-nés sont protégés contre les pathogènes sans avoir à être vaccinés: on parle de vaccination ou d'immunisation passive car ils reçoivent les anticorps produits par d'autres!

Cytotoxicité des lymphocytes T CD8
Les lymphocytes T CD8 possèdent des fonctions cytotoxiques après avoir été activés par des cellules dendritiques. Ils peuvent alors exercer des fonctions lytiques contre les cellules cibles sur lesquelles, grâce à son TCR, le lymphocyte reconnaît l'antigène présenté par le CMH de classe I (qui indique que la cellule était infectée: c'est bien fait non?). Il utilise alors les mêmes armes (perforine+ granzymes) que la cellule NK. Les lymphocytes T CD4 eux n'ont généralement pas de fonctions effectrices directes d'élimination des pathogènes mais ils produisent, après avoir été activés, des cytokines qui permettent la mise en jeu des lymphocytes B et T CD8+: ils agissent comme des chefs d'orchestre de l'immunité. Les cellules présentatrices d'antigènes (surtout cellules dendritiques) joue bien sûr un grand rôle dans l'activation des lymphocytes T CD4 et CD8.

Un trait essentiel de la réponse adaptative est qu'elle se déroule avec des modalités différentes selon que le pathogène nous infecte pour la première fois ou bien s'il l'on rencontre le même pathogène une nouvelle fois: dans le premier cas, on parle de réponse "primaire" et, dans le deuxième, de réponse "secondaire". La réponse secondaire est plus rapide et plus efficace. La plus grande efficacité de la réponse secondaire est vraie aussi bien pour la dynamique de la réponse anticorps que pour celle des lymphocytes T. Pour quelles raisons? Etudions cette question dans le cas des lymphocytes B: lorsque l'on rencontre un pathogène pour la première fois, nos lymphocytes B ne le connaissent pas: les cellules B qui vont reconnaître le pathogène (celles qui ont le bon BCR, elles sont très rares...) sont dites "naives". A cours de la réponse, ces rares cellules vont devoir s'activer c'est à dire que d'une part, elles vont devoir se diviser pour devenir assez nombreuses (on appelle cela la sélection clonale car l'antigène du pathogène "choisi" les clones de lymphocytes B pré-existants dans le fameux répertoire et capables de le reconnaître grâce au BCR). Ces heureux élus peuvent alors proliférer et s'équiper d'armes de destruction: dans le cas des lymphocytes B ce sont donc les anticorps).
La dynamique de la réponse anticorps
 Ce temps d'activation nécessite une semaine, semaine pendant laquelle ces évènements ne sont pas facilement perceptibles: d'une part, ils n'ont pas lieu au site infectieux mais dans l'organe lymphoïde secondaire le plus proche; d'autre part, les lymphocytes ne sont pas encore capable d'éliminer le pathogène. Passée cette semaine, les lymphocytes B vont produire les anticorps et, même, de plus en plus de ces anticorps: en réponse primaire ce sont surtout des IgM qui sont produits. La réaction antigène-anticorps pourra avoir lieu. Ces IgM sont assez peu efficaces et reconnaissent faiblement le pathogène. Par contre, petit à petit, certains lymphocytes B remplacent leur production d'IgM par des IgG (ou des IgA ou des IgE, ça dépend): on dit qu'ils ont fait un changement de classe (ou commutation isotypique). Ces anticorps (surtout IgG) sont plus affins pour le pathogène et sont plus efficaces. Une partie des lymphocytes B qui se sont activés se transforment en cellules mémoires: ces cellules vivent très longtemps (plusieurs dizaines d'années), elles ont en général fait le changement de classe et restent dans un état proche de l'activation. Ce sont elles qui sont responsables de la meilleure efficacité de la réponse secondaire: en effet, si le même pathogène nous réinfecte, il aura maintenant à faire à des cellules rapidement en action puisque pré-activées (le temps de latence sera de 1 à 2 jours seulement) et de plus ce seront immédiatement des IgG affines et efficaces qui seront produites. Il se passe à peu près la même chose pour les lymphocytes T sauf que leur armes s'appellent perforine/granzyme ou cytokines et non anticorps. Vous avez compris l'intérêt de la vaccination et ses bases immunologiques! Le vaccin mime le pathogène mais sans les effets toxiques: lorsqu'on injecte le vaccin, on fait donc faire une réponse primaire à notre système immunitaire qui se dote de cellules T et B mémoires: on parle de vaccination ou d'immunisation active. Si l'on rencontre le pathogène mimé par le vaccin, il se produit de suite une réaction secondaire intense et efficace et le pathogène est donc éliminé plus vite! Astucieux non? On retrouve des origines historiques très anciennes pour la vaccination, bien antérieures aux connaissances présentées ici!

Mycobacterium tuberculosis: agent de la tuberculose
Nous avons beaucoup parlé de l'immunité contre les maladies infectieuses et vous avez compris que lorsque tout va bien, on peut lutter facilement contre la plupart des microbes. Chez certaines personnes, le système immunitaire fonctionne mal: des gènes importants pour la réponse immunitaire ont des mutations qui les empêchent de fonctionner normalement. Ce sont des patients immunodéficients qui deviennent sensibles et peuvent mourir à la suite d'infections bénignes. Cela arrive aussi quand certains microbes comme le virus du sida (VIH: virus de l'immunodéficience humaine) par exemple s'attaquent à nos cellules immunitaire. Si vous voulez faire davantage connaissance avec les microbes, voici des liens, toujours de l'Université de Caroline du Sud, qui traitent des bactéries, des virus, des parasites et des champignons.
Plasmodium falciparum: agent de la malaria
Le VIH-1: agent du SIDA











Notre système immunitaire nous permet aussi de lutter contre les tumeurs.  De nombreux vaccins contre les cancers sont entrain d'être testés!
A contrario ce ces rôles positifs, notre système immunitaire nous joue aussi de mauvais tours: si notre système immunitaire est mal "éduqué", il peut s'attaquer à nos tissus: ce sont alors les maladies auto-immunes qui se déclenchent. On peut aussi avoir des réactions allergiques (ou hypersensibilité) comme l'asthme qui est aussi due au système immunitaire.
Finalement, il faut prendre en compte le système immunitaire quand on veut greffer un organe à quelqu'un: en effet, le NON SOI ce n'est pas que les microbes, c'est aussi votre frère ou votre soeur ou vos parents, a fortiori un quidam! C'est pour cela que l'on recherche un donneur d'organe compatible! Le plus compatible c'est vous-même (on parle d'autogreffe) ou votre jumeau. Dans les autres cas, il faut faire attention et prendre des médicaments qui affaiblissent le système immunitaire pour vous empêcher de rejeter la greffe (Attention: pendant ce temps vous êtes très sensibles aux microbes!)


-->
VOUS VOULEZ SAVOIR SI VOUS ETES VRAIMENT DEVENU UN EXPERT EN IMMUNOLOGIE? Testez-vous avec QUIZZ 1 and QUIZZ 2 proposé par University of South Carolina, School of Medicine (en anglais!)



1 commentaire:

  1. Bonjour est ce que le contact cellule immunitaire - bacterie peut etre aleatoire?
    Est ce que un evenement peut perturber la reponse immunitaire pour un microbe detecté?

    Merci

    RépondreSupprimer